Trizac Cantal Auvergne
Trizac Cantal Auvergne
Flore

Avec une terre volcanique riche, une altitude qui varie de 630 m à près de 1300 m, des bois, des plaines, des tourbières, des rocailles et grâce à la quasi-absence d’apport d’engrais chimiques ou de pesticides, la commune de Trizac accueille une grande variété de plantes sauvages, y compris des fleurs rares, voire exceptionnelles sur le territoire français.

De mars à novembre, c’est un bonheur pour les botanistes accomplis comme pour les néophytes. Mais attention ! N’oubliez pas que ces merveilles, de par leur rareté, sont souvent protégées, alors admirez-les, respirez leur parfum, caressez leurs feuilles, prenez-les en photo ou dessinez-les, mais abstenez-vous de les cueillir, c’est interdit pour bon nombre d’entre elles !
Avec plusieurs centaines d’espèces sur la commune, il serait fastidieux de toutes vous les présenter, mais nous ne résistons pas au plaisir de vous faire découvrir quelques spécimens, des plus courants aux plus rares, parce que nous les trouvons beaux – voire bons – ou simplement parce qu’ils nous étonnent.
Côté arbres, la flore est assez classique, des forêts de feuillus (hêtres, chênes, châtaigniers, merisiers, houx, bouleaux, noisetiers, sorbiers …), de conifères (sapins, ifs, épicéas) ou mixtes, puis sur les planèzes au-delà de 1000 m d’altitude, il ne reste plus que des frênes et quelques hêtres souvent rétrécis par la rigueur du climat.

Mais nos forêts sont riches en champignons : cèpes, girolles, trompettes de la mort, morilles, chanterelles et bien d’autres, dont on se régale du printemps à l’automne, selon les espèces. Là encore, attention, n’oubliez pas que les champignons ne sont pas à tout le monde, ils appartiennent toujours au propriétaire du terrain, que ce soit un particulier ou la commune. Vous êtes toléré sur ces terres (sauf panneau indiquant le contraire), mais la cueillette est toujours réglementée : on ne doit pas ramasser plus de champignons qu’on ne peut en manger (voir la nouvelle réglementation de juillet 2012 sur ce site ), d’une part parce que c’est gentil d’en laisser pour les autres, mais aussi parce qu’il est bien sûr interdit de les vendre.

Le saviez-vous ?
Quelle utilisation fait-on de la Grande gentiane ?

La Grande gentiane, ou gentiane jaune, est utilisée pour la fabrication d’apéritif et de liqueurs (on l’appelle aussi le quinquina du pauvre). Sa racine est recherchée pour sa douce amertume, une véritable tige souterraine qui peut mesurer plus d’un mètre de long et peser plusieurs kilos. Elle peut en effet vivre jusqu’à 80 ans, la première floraison n’apparaît que lorsque la plante a déjà 10 ans, puis elle ne fleurira pas plus d’une fois tous les 4 à 8 ans !

De juin à septembre, les « gentianaîres », munis de leur fourche du diable à 2 longues dents, arrachent difficilement les racines profondes pour fournir les fabriques locales (la gentiane « Avèze » est faite à Riom-es-Montagnes, le « Couderc » à Aurillac) ou voisines (en Corrèze, la « Salers » est préparée à Turenne et la « Diège » à Egletons). Mais ses propriétés toniques, digestives et fébrifuges sont aussi utilisées pour l’herboristerie et la pharmacie.

Il y a encore l’Orchis des montagnes assez rare, ou l’Orchis mâle, fréquent dans les prairies, mais si difficile à distinguer de l’Orchis à larges feuilles ou de l’Orchis bouffon, bon courage pour vous y retrouver ! Et surtout, n’oubliez pas que toutes les orchidées, fréquentes ou rares, sont strictement protégées et interdites de cueillette.

Autres vedettes du printemps, la Cardamine des prés, qui adore les prairies bien humides, ou la discrète Petite pervenche qui préfère les bords de chemins ombragés.


Cardamine des prés

Petite pervenche

Orchis des montagnes

Orchis mâle

Toujours au printemps, l’Hellébore fétide et la Corydale solide sont deux curiosités, la première pour sa couleur verte aux bords carmin, la seconde pour la forme de sa fleur.

Et lorsqu’arrive l’été, comment faire le tri parmi les centaines de fleurs merveilleuses ? Nous commencerons par une jolie série, car il est rare de trouver six espèces d’un même genre sur une seule commune. Il s’agit des campanules, et vous pourrez vous amuser à distinguer la Campanule à feuilles ronde, la Campanule agglomérée, la Campanule étalée, la Campanule gantelée, la Campanule à feuilles lancéolées et la Campanule à larges feuilles !

Campanule à feuilles rondes
Campanule à feuilles rondes
Campanule agglomérée
Campanule agglomérée
Campanule étalée
Campanule étalée
Campanule gantelée
Campanule gantelée
Campanule à feuilles lancéolées
Campanule à feuilles lancéolées
Campanule à larges feuilles
Campanule à larges feuilles

Typique aussi de nos bois d’altitude, l’Arnica des montagnes est connue depuis l’antiquité pour ses nombreuses vertus médicinales qui sont toujours utilisées, ne la confondez pas avec la Doronic d’Autriche, plus fréquente, au feuillage nettement plus abondant

Arnica des montagnes

Doronic d'Autriche

Hellébore fétide

Corydale solide

Voici quelques spécimens rares, à commencer par la Nielle des blés, en disparition partout, car elle ne supporte pas les herbicides, mais vous la dénicherez à Trizac tout comme le merveilleux Lis martagon si vous ouvrez bien l’œil.


Nielle des blés

Lis martagon

Parmi les grandes fleurs de l’été, vous ne manquerez pas le Vérâtre blanc, la Vipérine commune, dont les longs styles fendus évoquent une langue de vipère, la Molène noire (aux fleurs jaunes à cœur rose !) ou les superbes Épilobes en épi. Quant à l’Ancolie commune, vous ne pourrez pas la confondre avec aucune autre !

Peut-être les plantes les plus nombreuses de nos planèzes, au grand damne des éleveurs, car elles envahissent les prairies aussi vite que les genêts, ce sont les Cirses laineux et leurs cousins les Cirses communs, les Cirses des champs et les Chardons penchés, pour ne citer que ceux-là …

  • Cirse laineux
    Cirse laineux
  • Cirse commun
    Cirse commun
  • Cirse des champs
    Cirse des champs
  • Chardon penché
    Chardon penché

Pour terminer en beauté ce petit échantillon, savez-vous qu’il y a des plantes carnivores sur la commune de Trizac ? Rassurez-vous, elles ne vont pas vous manger, elles se nourrissent juste d’insectes car les tourbières où elles vivent ne leur apportent pas tous les nutriments dont elles ont besoin. Elles sont petites, cherchez bien la Drosera à feuilles rondes, rouges toutes petites, et la Grassette à grandes fleurs (et n’oubliez pas qu’elles sont rares, donc protégées, c’est à dire interdites de cueillette …)

Drosera à feuilles rondes
Drosera à feuilles rondes
Grassette à grandes fleurs
Grassette à grandes fleurs

Vérâtre blanc
Vérâtre blanc
Vipérine commune
Vipérine commune
Molène noire
Molène noire
Epilobe en épi
Epilobe en épi
Ancolie commune
Ancolie commune

Deux autres merveilles de la flore trizacoise, la Grande Astrance que l’on de confondra avec aucune autre, et une curieuse Orobanche, c’est une plante sans feuille qui parasite les racines d’un hôte, ici le genêt, car elle ne possède pas de chlorophylle !

Grande Astrance

Orobranche du genêt

Et si vous souhaitez en savoir plus, tout en vous amusant, sur la flore du Bois du Marilhou,
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